Des compétences vertes pour le développement durable
La reconnaissance des pratiques écologiques dans les secteurs formels et informels de l’économie est un facteur décisif dans la réalisation des Objectifs de développement durable pour 2030, adoptés au Sommet des Nations Unies en septembre 2015. Dans cette optique, l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) et le Centre UNESCO-UNEVOC pour l’enseignement et la formation techniques et professionnels à l’institut de l’éducation de Hong Kong (HKIEd) ont entamé une nouvelle étude de recherche intitulée : Inclure les compétences vertes dans la reconnaissance, validation et accréditation (RVA) de l’apprentissage non formel et informel (The Inclusion of Green Competencies in the Recognition, Validation and Accreditation (RVA) of Non-formal and Informal Learning). Cette étude comparative a été conçue en coopération avec des institutions de recherche et d’élaboration des politiques dans six pays de la région Asie et Pacifique :
1) Centre international d’éducation, institut technique économique de Zhenjiang (ZJTIE, Chine) et institut polytechnique de Shenzhen (SZPT, RAS Hong Kong, Chine)
2) Ville et guildes de Manipal (Inde)
3) Institut national d’enseignement technique et de développement des compétences (NITESD, Philippines)
4) Conseil de l'enseignement technique et de la formation professionnelle (CTEVT, Népal)
5) Académie nationale de l’éducation (Kazakhstan)
6) Université islamique de technologie (IUT, Bangladesh).
Motif de l’étude : reconnaître les compétences vertes dans les économies formelles et informelles
L’un des principaux objectifs de cette recherche consiste à étudier le rôle de la RVA dans la promotion de pratiques écologiques ou « compétences vertes » dans les petites et micro-entreprises. Ces compétences nécessitent une plus grande attention dans les mécanismes de reconnaissance, car elles reposent sur des attitudes, des valeurs et des comportements éthiques acquis lors d’un apprentissage non formel et informel en milieu de travail. Les petites et micro-entreprises tardent à reconnaître les pratiques écologiques malgré l’existence de politiques gouvernementales et de législations environnementales. Contrairement aux sociétés plus importantes, les petites et micro-entreprises manquent encore pour la plupart de méthodes propres pour évaluer et reconnaître les compétences écologiques et les rendre visibles. Par ailleurs, les pratiques de RVA sont essentiellement appliquées dans le secteur éducatif, et leur potentiel reste à explorer dans les contextes de travail des petites et micro-entreprises.
L’importance de la reconnaissance, validation et accréditation (RVA)
Lors d’un symposium accueilli par l’institut de l’éducation de Hong Kong les 26 et 27 août 2015, des experts chinois ont été sensibilisés au fait que la RVA est un puissant mécanisme pour la reconnaissance des compétences vertes. Ils ont analysé les résultats préliminaires d’un questionnaire semi-structuré conçu par l’HKIEd et l’UIL pour la collecte de données. Ce questionnaire avait pour thèmes un recensement des pratiques écologiques dans les diverses industries, l’application des mécanismes de RVA, et les facteurs et principes contribuant au développement des compétences vertes ainsi qu’à leur inclusion dans la RVA.
Un point important dégagé lors du symposium porte sur le fait que la reconnaissance, validation and accréditation (RVA) devient un investissement plus profitable pour les entreprises si elle est exprimée en termes de normes industrielles et est reliée aux cadres nationaux de qualification (CNQ). En outre, la RVA rend visible l’application de compétences vertes dans le milieu du travail. Afin de promouvoir efficacement la reconnaissance des compétences vertes, il importe de relier la RVA aux intérêts des différentes parties prenantes, à savoir employeurs, employés, associations professionnelles et prestataires de l’éducation et de la formation.
Importance des résultats pour les États membres de l’UNESCO
Les résultats de l’étude comparative Inclure les compétences vertes dans la reconnaissance, validation et accréditation (RVA) de l’apprentissage non formel et informel seront publiés en 2016. Cette publication éclairera les différences entre les entreprises des économies formelle et informelle de quatre secteurs industriels : restauration, automobile, gestion des déchets dans le secteur des services et production de PVC dans le secteur manufacturier.
En vue d’étayer les politiques gouvernementales dans la région Asie et Pacifique, un modèle pour le développement des compétences vertes et leur inclusion dans la RVA sera testé dans quelques pays participant à l’étude. Avec le soutien de décideurs et de praticiens, ce modèle sera étendu afin d’aider d’autres pays de la région à promouvoir des politiques et pratiques de développement durable et d’apprentissage tout au long de la vie.
Arne Carlsen, directeur de l’UIL, a souligné l’importance de cette étude : « Elle traitera les défis d’intégrer la RVA dans les politiques de développement des ressources humaines menées par les petites et micro-entreprises de l’économie formelle et informelle, elle devrait en outre susciter un changement de politique en faveur de l’adoption de pratiques écologiques. »





