Volume 63, Numéro 1, pp 103–122
Auteur: Régis Machart (Faculty of Modern Languages and Communication, Universiti Putra Malaysia)
Resumé
La vaste gamme de débouchés que trouvent la majorité des étudiants malaisiens en langues étrangères après leurs études (enseignement, tourisme, banque, commerce, gestion, etc.) n’est pas obligatoirement liée à leur discipline principale. Ce fait rend souvent difficile aux professeurs la conception d’une formation professionnelle intégrale dans leur intérêt. Au début des années 2010, les taux de chômage des diplômés malaisiens étaient en hausse, alors que le marché du travail était assez flexible. Afin d’améliorer l’employabilité des étudiants, les universités malaisiennes ont décidé de restructurer leurs programmes. La formation industrielle dite Latihan Industri (LI) a été dotée à partir de 2011 d’une nouvelle exigence impérative pour tous les futurs étudiants des nouveaux programmes : faire concorder la formation universitaire aux besoins du secteur privé. La plupart des sociétés n’était cependant pas préparée à accueillir en 2014 la première vague de débutants issus de tous les types de programmes (sciences, sciences sociales et sciences humaines). De nombreux étudiants sortants n’ont donc pu trouver un emploi correspond au domaine de leurs études, et ont été recrutés à des postes pour lesquels ils étaient peu préparés. À la fin de leur formation, les étudiants doivent soumettre un journal de leurs activités ainsi qu’un rapport final comportant une évaluation personnelle de leurs expériences. Une analyse de contenu des rapports de quatre étudiants en langues étrangères ayant accompli leur cursus dans divers secteurs (finance, enseignement, industrie et commerce de détail) livre des aperçus intéressants sur les diverses compétences exigées par les employeurs malaisiens, indépendamment du secteur d’activité. L’analyse de ces rapports soulève la question de l’adéquation de la formation universitaire en langues étrangères au marché du travail malaisien, et de la transférabilité de l’acquis linguistique de ces étudiants à leur nouvel environnement professionnel.

