Fondements du document
La politique d’éducation au Kenya devait être révisée suite à l’amendement de la nouvelle constitution du Kenya en 2010 et à la publication du document Kenya Vision 2030. Cela résultait du souhait du gouvernement de réformer le secteur de l’enseignement afin de répondre aux nouvelles exigences constitutionnelles, aux aspirations nationales et aux enjeux de la mondialisation. Lors du processus de révision de la politique, le Département de l’Éducation a suivi la philosophie nationale du Kenya, qui met l’éducation au centre du développement humain et économique du pays et qui se concentre sur l’acquisition de connaissances et de compétences, ainsi que sur la mise à disposition de possibilités d’apprendre tout au long de la vie.
Concept d’apprentissage tout au long de la vie
L’apprentissage tout au long de la vie est la condition nécessaire pour permettre aux citoyens de devenir autonomes et de s’instruire. L’enseignement obligatoire seul ne suffit pas à préparer les citoyens à un marché du travail mondial en constante évolution, puisqu’ils doivent obtenir, en plus des connaissances acquises de manière formelle, des compétences plus complexes telles que la capacité à accomplir des tâches qui ne correspondent pas à leur routine avec assurance, des aptitudes à la résolution de problèmes, à la prise de décision, et, plus généralement, à s’adapter au contexte international. La formation continue et l’enseignement non-formel sont par conséquent les vecteurs de l’autonomisation des citoyens, et particulièrement de ceux et celles qui ne sont pas scolarisés dans le système scolaire formel.
Principaux enjeux
- Des enseignants spécialisés dans l’alphabétisation et l’éducation des adultes insuffisamment formés
- Des moyens limités et une infrastructure inappropriée
- Des subventions pour le matériel scolaire non proportionnelles au nombre d’élèves
- Un accès difficile à la formation continue et à l’enseignement non-formel et de forte disparités entre les genres
- Des attitudes et une perception de l’éducation des adultes négatives
- Un faible contrôle de qualité des centres d’apprentissage, ce qui conduit à des niveaux insuffisants.
Principaux objectifs et mesures
- Offrir des services et des programmes de qualité pour l’éducation continue et l’enseignement non formel
- Offrir des opportunités d’apprendre tout au long de la vie : établir des centres de ressources pour l’apprentissage dans toutes les circonscriptions
- Définir les termes de formation continue, d’enseignement non formel et informel et préciser les rôles et responsabilités des acteurs ainsi que leurs relations et possibles interconnections
- Mettre en œuvre des stratégies pour travailler en coopération avec les partenaires du secteur privé et les organisations non gouvernementales en vue de réunir les fonds nécessaires au développement et à la mise en place de programmes ciblés pour la formation continue et l’enseignement non formel
- Renforcer les moyens de la recherche, du suivi, de l’évaluation et du contrôle de la qualité des programmes et des établissements
- Accroître la qualification des éducateurs
- Tous les groupes d’âges et les secteurs de l’éducation sont ciblés par la politique, avec un accent mis sur la formation continue, l’éducation des adultes et l’enseignement non formel.
Caractéristiques
La politique comprend un chapitre détaillé sur le financement et la mobilisation des ressources. Après avoir présenté les enjeux et les problèmes pour l’ensemble du domaine de l’éducation, le document comporte plusieurs chapitres pour les différents secteurs de l’éducation. Ils se concentrent chacun sur les composants du système éducatif formel, à savoir l’enseignement préscolaire, la scolarité primaire et secondaire et l’éducation spécialisée, et présentent pour chacun les enjeux sociétaux et financiers actuels. Le document détermine par la suite les politiques et les stratégies qui seront mises en place par le gouvernement du Kenya. Les enjeux décrits dans le document sont nombreux et soulignent le besoin d’élaborer de nouvelles approches dans le domaine de l’éducation. Pour chaque composante de l’enseignement, des partenariats avec le secteur privé doivent être encouragés pour le financement de l’éducation en vue de compléter les fonds dépensés par le gouvernement national pour financer les enseignants, le matériel pédagogique, la construction et la maintenance des établissements scolaires ainsi que la mise en place de bourses scolaires. Le fil directeur de tous les engagements est un coût de l’éducation modéré et abordable pour les citoyens dans le respect des droits de l’homme, qui précisent que l’accès à une éducation à coût raisonnable est un droit fondamental. En ce qui concerne l’éducation préscolaire et l’éducation spécialisée, la politique prévoit de les institutionnaliser au même titre que l’éducation de base et de leur fournir le même matériel pédagogique qu’aux autres composantes du système éducatif. Elles doivent par conséquent recevoir des fonds équivalents. La politique a pour objectif général d’établir un système rentable et de mobiliser les acteurs non institutionnels pour les encourager à investir dans l’éducation par une contribution financière ou en nature.
Documents de référence :
- Gouvernement du Kenya. 2007. Kenya Vision 2030
- Conseil national de la Publication de la Loi. 2010. The Constitution of Kenya (Constitution du Kenya)
Acteurs impliqués dans l’élaboration du document :
- Gouvernement du Kenya
- Ministère de l’Éducation
Acteurs chargés de la mise en œuvre du document :
- Ministère de l’Éducation
- Conseil d’Éducation des comtés
- Conseil national d’Éducation
- Commission du service des Enseignants
Lectures complémentaires et liens :
- Kenya Vision 2030
Organisme émetteur :
Département de l’Éducation


