Volume 62, Numéro 6, pp 689–709
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Résumé
Les coûts pénitentiaires sont élevés. En Australie par exemple, chaque détenu coûte en moyenne 115 000 dollars australiens par an. D’autres pays ressentent également les conséquences fiscales des frais élevés d’incarcération, et de nombreuses juridictions ferment aujourd’hui une partie de leurs prisons. La majorité des frais carcéraux sont non discrétionnaires (hébergement, repas, etc.). Mais une partie finance des activités, prestations et infrastructures discrétionnaires (y compris l’enseignement). En termes d’enseignement en milieu carcéral, de nombreux directeurs de prison essayent d’investir toute ressource éducative, si maigre soit-elle, dont ils disposent dans les cours et stages qui produisent les résultats les plus probants, tels que meilleurs débouchés sur le marché du travail et réduction des récidives, qui diminuent les incarcérations renouvelées. Les cours proposés aux détenus englobent formation professionnelle, éducation de base des adultes et études artistiques. La question à deux niveaux que pose le présent article est la suivante : les cours et stages artistiques produisent-ils ces résultats mesurables, et dans la négative, d’autres raisons justifient-elles le maintien de leur financement ? En analysant ces questions, les auteures constatent que (1) ces résultats mesurables sont trop restrictifs et ne reflètent pas les bienfaits complexes mais moins quantifiables pour l’individu et la communauté d’étudier l’art en prison; et (2) des mesures améliorées de tous les impacts de l’apprentissage artistique en prison sont nécessaires, y compris les aspects qualitatifs et humanitaires.

