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Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie


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Réduire la fracture numérique nous aidera à répondre aux besoins d'apprentissage des populations démunies et vulnérables

1 février 2021

Mme Rudo Mabel Chitiga, ancienne secrétaire permanente au ministère des Affaires féminines, de la Communauté et des petites et moyennes Entreprises du Zimbabwe, a rejoint le Conseil d'administration de l'Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie (UIL) en novembre 2020. Lisez notre entretien avec elle et découvrez les défis auxquels la région africaine est confrontée pour faire de l'apprentissage tout au long de la vie une réalité - et le soutien que l'UIL peut fournir en la matière.


Quelle est la situation de l'apprentissage tout au long de la vie dans votre région ?

Dans la région africaine, l'apprentissage tout au long de la vie est reconnu comme faisant partie intégrante de l'éducation inclusive et de l'éducation pour le développement durable. Le protocole sur l'éducation et l'apprentissage de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) reconnaît l'éducation tout au long de la vie et l'éducation à distance des adultes comme des priorités. Les programmes de développement communautaire et de formation complémentaire sont considérés comme les principaux canaux de diffusion.

L'apprentissage tout au long de la vie constitue également une stratégie clé pour l'autonomisation des femmes à mesure qu'elles acquièrent des moyens de subsistance et d'autres compétences nécessaires. Bien que chaque pays de la région ait ses propres priorités et programmes, les domaines de coopération entre les pays comprennent la sensibilisation au changement climatique et les droits en matière de santé sexuelle et reproductive.

Les autorités locales des villes et des communes jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de l'éducation des adultes, tandis que les organisations non gouvernementales sont les principaux prestataires de l'apprentissage tout au long de la vie. Avec la pandémie de COVID-19, les efforts se sont déplacés vers l'utilisation de la technologie numérique pour dispenser l'apprentissage. Il existe un risque que de nombreux groupes vulnérables aient été exclus de l'apprentissage en raison de la pandémie.

Quels sont les principaux défis liés à la mise en œuvre de l'apprentissage tout au long de la vie ?

Les départements de l'éducation des adultes et de l'alphabétisation des ministères de l’Éducation sont souvent les moins bien financés, et se concentrent donc sur des questions politiques sans avoir une appréciation complète de ce qui se passe sur le terrain. Le manque de financement de la part des gouvernements et leur dépendance à l'égard des sources de financement non gouvernementales suscitent des inquiétudes quant à la durabilité de leurs politiques. En outre, les personnes vulnérables, en particulier dans les zones rurales et isolées, peuvent être exclues du développement national dans son ensemble en raison du manque de financement public. La pandémie de COVID-19 a encore exclu les personnes vulnérables de l'apprentissage. On observe également que la plupart des emplois se trouvent de plus en plus dans le secteur informel. Cela nécessite de nouvelles compétences en matière d'autogestion, de sensibilisation au bien-être et de compétences entrepreneuriales, y compris le marketing en ligne. L'accès à ces compétences n'est pas toujours universel, en particulier pour les personnes vivant dans les zones rurales et reculées.

Comment l'Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie (UIL) peut-il aider à relever ces défis ?

Les objectifs de développement durable soulignent que personne ne doit être laissé pour compte. L'UIL a l'expérience du soutien technique dans l'élaboration de stratégies, le développement de politiques et le plaidoyer en faveur de l'apprentissage tout au long de la vie. Il est possible d'aider à réduire la fracture numérique et à obtenir une meilleure planification et une allocation de ressources plus importantes afin de répondre aux besoins d'apprentissage des pauvres et des personnes vulnérables, y compris des personnes en situation de handicap, des jeunes non scolarisés et des femmes, tant dans les zones urbaines que rurales.

L'UIL pourrait également aider les pays à élaborer des stratégies de coordination des programmes et des prestataires d’apprentissage tout au long de la vie afin de faciliter et de permettre l'évaluation de l'effort et de l'impact du secteur sur la réduction de la pauvreté, le développement communautaire et l'autonomisation des femmes.